Parle-nous un peu de ton métier de promoteur…

Un show comme le FMC, je le monte à peu près en 4 mois. Je vais te décrire l’une de mes journées pour que tu comprennes comment je bosse. La première chose que je fais quand je me lève, vers 8h, je vais sur tous les principaux forums français et je regarde l’actualité des combattants français, voir ce qui se passe à l’étranger, savoir ce qu’il se passe en France, voir qui est blessé, qui bat qui… Ensuite, je vais voir les sites et forums américains, voir les derniers combats qui ont eu lieu, pour me tenir au courant et prendre des idées aux autres événements comme l’UFC, le StrikeForce, le Dream ou même les autres événements français.

Est-ce que tu t’es déjà déplacé sur l’un de ces événements ?

Oui, je suis allé au dernier UFC en Angleterre, où Cheick et Cyrille combattaient. Sinon, j’ai été au PFC, au 100% Fight, au It’s Showtime… En général, je me déplace sur tous les événements français.

Revenons à ta journée type…

Vers 10h, je commence à donner des coups de fil pour aller démarcher mes partenaires, voir qui je peux rencontrer et surtout faire les bonnes rencontres. En fait, de 10h à 17h, ma journée est vraiment axée sur les démarches pour trouver des partenaires, trouver de nouvelles idées, aller piocher un peu partout…

En fait, la partie la plus importante que tu consacres à l’organisation de ton show, c’est trouver des partenaires et des sponsors…

C’est ça. Je suis quelqu’un qui travaille beaucoup là dessus. Je gère le FMC vraiment comme une société, et pas du tout comme un événement. Je m’explique. Quand je parle du FMC, je ne parle pas de budget, je parle de balance. Si le FMC me coute 10, il ne doit pas me rapporter moins de 15. C’est la première chose que je regarde. Une entreprise qui rapporte moins de 10, c’est une entreprise qui est en faillite. Et si elle est en faillite, elle ferme. Prenez l’exemple du Pride ou du K-1, leurs événements leur coutaient 100 et derrière ils ne rentraient que 80. Automatiquement, on ne peut pas perdurer en ayant des chiffres négatifs. C’est la raison pour laquelle j’ai autour de moi une équipe de gens qui n’ont strictement rien à voir avec le monde des sports de combat. Ce sont des entrepreneurs, des experts comptables, des docteurs en géopolitique… Moi je suis beaucoup sur les campagnes électorales, donc toutes mes journées sont en fonction de cela. Après 17h, je vais à l’entraînement, j’entraîne mes mecs et je m’entraîne avec eux et à 19h, j’ai généralement un repas ou une réunion. Ca peut être une réunion au Medef ou une réunion patronale… Je suis dans beaucoup de cercles, je rencontre de gens issus de différents milieux, je discute avec eux de sujets divers et on s’échange quelques bons procédés... Voilà un peu comment je bosse. A trois mois de l’événement je commence à imaginer ma carte, à deux mois et demi, je commence à contacter tout le monde, je négocie les primes, je boucle mon budget, je fais tout ce que j’ai à faire…

Tu gères tout, tout seul ?

Oui. Après, il y a quand même des gens autour de moi pour m’aider comme ma mère, qui est comptable de métier et qui s’occupe de ma compta, et mon cousin Armand Marcou, qui est coorganisateur de l’événement, mais sinon je fais tout. Je contacte, je réserve les hôtels et les trains, je me déplace pour rencontrer les partenaires… J’essaie de faire ça de manière très professionnelle.

Est-ce que tu as appliqué cette rigoureuse politique de gestion dès le premier FMC ?

Je dirais que les choses ont évolué à chaque FMC, mais dès le départ, j’ai géré ça comme une entreprise.

Tu as été positif dès le premier événement ?

Oui, tous les FMC sont positifs. Le jour où je fais un FMC négatif, j’arrête d’organiser, c’est que je ne suis pas bon.

Je suppose tout de même que ta marge augmente à chaque événement ?

Pour te faire une comparaison, le budget du premier FMC comparé au budget du FMC 4 a été multiplié par 6. C’est quand même énorme.

Qu’est-ce que ça a changé au niveau de l’événement ?

Plein de choses. Au FMC 1 par exemple, il n’y avait qu’une ceinture alors qu’au FMC 4, il y en avait 3. Dans les débuts, nous n’avions pas de programme, alors que pour le FMC 4, plus de 2000 programmes et stickers ont été imprimés. La carte était beaucoup plus alléchante, on a eu des clips de présentation avant les combats, le show a été de bien meilleure qualité… On est rodé maintenant, on fait beaucoup moins d’erreurs qu’avant. Et il y a eu aussi des invités de marque, qu’il n’y avait pas lors de premiers FMC.

Parlons un peu des combattants…

Ma carte préliminaire est composée en grande majorité de jeunes combattants locaux. Beaucoup sont des mecs du Team Marcou, mais il y a aussi des mecs issus des différents clubs de Montpellier et des gens du sud en général.

Tu as certainement dans le lot quelques jeunes prometteurs, non ?

Le combattant le plus connu de mon club, c’est le jeune Anthony Serre, qui gagne tous ses combats avant la limite. C’est à mon avis le jeune le plus prometteur du Team Marcou. Il va bientôt partir se préparer au Tristar. Il y a Romain Perras qui est également très fort. Ce sont les deux grands habitués du FMC.

Parle-nous un peu de tes champions…

Le premier champion du FMC, c’est Seydina Seck, qui avait gagné contre Gaël Grimaud

C’était lors d’un tournoi…

Oui, un tournoi de 4 combattants, que je ne referai plus jamais.

Pourquoi ?

Parce que l’UFC ne fait pas de tournoi, donc moi je n’en fais pas.

Tu te calques vraiment sur l’UFC alors ?

Je me calque sur ceux qui réussissent. Le tournoi, je l’ai fait au début, mais aujourd’hui ce n’est plus d’actualité. Ca ne veut plus rien dire. Je trouve qu’un combat entre Nayeb Hezam et Freddy Thole, c’est 100 fois plus intéressant à organiser que de se casser le cul à faire un tournoi avec des combats qui n’ont pas lieu d’être. De toute façon, je n’ai jamais vu un tournoi équilibré en France. C’est toujours les deux mecs qui sortent du lot qui se rencontrent en finale et comme il y a un état de fatigue qui s’installe, le résultat ne reflète pas du vrai niveau. Je pars du principe que si les meilleurs ne font pas de tournoi, c’est qu’avant même que je ne me penche sur la question, il en avait déjà fait le tour. Ca fait bientôt 20 ans qu’ils organisent et je pense qu’ils savent mieux que moi ce qui marche. C’est la raison pour laquelle je n’organiserai plus de tournoi.



Revenons aux champions…

Après Seydina, vainqueur du tournoi -77 kilos contre Gaël Grimaud, il y a eu Nayeb Hezam qui est devenu le premier champion en -71 kg au FMC 2. Au FMC 4, on a sacré deux nouveaux champions, Norman Paraisy chez les -84 kg et Francisco Nonato chez les +93 kg. On couvre donc 4 catégories et il ne nous manque plus que les -93 kg, que je compte bien faire au plus vite.

Est-ce que tu es soutenu par le conseil régional pour tes événements ?

J’ai un partenariat avec la ville de Palavas les Flots, d’où je suis originaire, de ce côté-là il n’y a pas de problème, par contre, je ne suis subventionné ni par la région, ni par le conseil général, étant donné que je suis un promoteur relativement privé. Mais je vais commencer à me pencher dessus parce je fais des événements qui passent en 8 et 16 fois sur Sport + et ce serait bien que la région m’apporte son aide.

Peux-tu nous dire un mot sur tes nombreux projets ?

Cette année, j’ai travaillé sur plusieurs gros projets qui vont me permettre de faire du FMC une vraie franchise. En plus des retransmissions sur Sport + et TV Sud, on a maintenant le "FMC show" sur Radio Aviva, une émission sur le MMA que j’anime une fois par mois. On a également une émission de télé en préparation, qui sera diffusée très prochainement sur une chaîne du câble et un trimestriel gratuit, tiré à 20 000 exemplaires, qui sera distribué dans toute la région. Et dernière chose, on compte lancer le TUF à la française, un projet qui verra vraisemblablement le jour en octobre.



Parle-nous un peu de tes sponsors…

En fait, le président d’honneur du Fighting Marcou Challenge, c’est Monsieur Michel Fromont, qui a été président du tribunal de la chambre des commerces pendant plus 20 ans et président de la CCRI, un très grand homme qui connaît tous les PDG des plus grosses sociétés. De ce fait, j’ai beaucoup de grosses sociétés qui n’ont strictement rien à voir avec le MMA comme sponsors. J’ai un gars qui a une chaîne de plus de 20 boulangeries, j’ai PokerXtrem, un site poker en ligne, l’une des plus grosses sociétés de peinture de l’Hérault, on a les casinos Partouche de Palavas et de la Grande Mottte… J’ai aussi des mécènes, comme Daniel Combes et Joseph Francis, les parrains du FMC 4. Mais attention, ce ne sont pas des partenaires facile à démarcher, ce sont au contraire les plus difficiles à démarcher, parce qu’ils n’ont rien à voir avec le sport. Il y a également Metal Boxe qui nous aide, Venum, FightSport… On a d’autres partenaires aussi, mais ce n’est pas pareil, c’est le monde du MMA. Les plus durs à avoir, c’est les patrons, les chefs d’entreprise qui ont des sociétés qui fontt 300 millions d’euros de chiffre d’affaire… Même Tapout ne les fait pas. Et Tapout, c’est le top en MMA. Donc je me dis, pourquoi je vais aller me prendre la tête à essayer de démarcher Tapout, qui a déjà l’UFC, alors que je peux toucher des mecs à Montpellier qui sont tout aussi riches.